29 juil. 2012

Le pays perdu

Le Grand Meaulnes

C'est lors de ma parenthèse d'été au jardin secret que j'ai déniché un roman qui avait marqué mon adolescence, Le Grand Meaulnes. J'ai donc entrepris de relire ce classique d'Alain-Fournier dont j'avais gardé jusqu'à aujourd'hui un souvenir fasciné. Mais étrangement, comme beaucoup de romans qui m'ont marquée, je n'aurais pas pu (avant de l'avoir relu) vous en donner la trame. Je me souvenais évidemment des personnages clé mais pas de l'histoire précisément. En revanche, de l'atmosphère dans laquelle il m'avait plongée et des impressions qu'il m'avait laissé, je n'avais rien oublié.

C'est ainsi qu'à l'image d'Enfance de Nathalie Sarraute dont je vous avais narré la relecture ici, je me suis plongée dans Le Grand Meaulnes comme à la première fois, portée par ces mêmes sensations. Les années ont passé mais la magie du "pays perdu" opère toujours. A la différence qu'ayant grandi, je peux peut-être saisir davantage les raisons de cet attrait qu'a Le Grand Meaulnes pour moi. Déjà, n'en déplaise au titre, ce n'est pas le personnage du grand Meaulnes en lui-même qui me happe...

Si Yvonne de Galais m'émeut évidemment, c'est à François Seurel, le narrateur, moins en retrait qu'il n'y parait, que je me suis, à cette lecture du moins, identifiée. Et au-delà des personnages, c'est tout l'univers du roman qui m'enveloppe dans une forme de "recherche du temps perdu" (le roman de Marcel Proust sort lui aussi en 1913, quelques jours après celui d'Alain-Fournier). Plus que jamais j'ai aimé me balader dans la campagne du Berry qu'évoque Alain-Fournier, peut-être parce que j'y ai aperçu des évocations d'une autre région de France qui m'est chère et dont ma grand-mère me parle parfois en ces même termes et traditions.

Ha nostalgie, nostalgie, me dira-t-on encore ! Mais le fait est qu'à la relecture, dont je ne peux hélas vous livrer la fin sans vous gâcher le plaisir d'une, peut-être, première lecture pour vous, ce n'est pas tant l'histoire qui m'a séduite (peut-être trop romanesque justement, surtout sur la fin), mais le personnage que campe François Seurel (plus tempéré mais attachant) et surtout, tout un monde qui n'est plus, et pas seulement le "pays perdu" qui obsède tant le grand Meaulnes. Sentiment sûrement accru par le fait que j'ai lu cette fois le roman en ayant à l'esprit qu'il est l'unique oeuvre d'Alain-Fournier, Henri Fournier de son vrai nom, décédé à Verdun en 1914.

En vous invitant vous l'aurez compris à lire ou relire vous aussi Le Grand Meaulnes, je vous laisse sur cet extrait de circonstance pour la saison :

"Le mois d'août, époque des vacances, m'éloigna des Sablonnières et de la jeune femme. Je dus aller passer à Sainte-Agathe mes deux mois de congé. Je revis la cour sèche, le préau, la classe vide... Tout parlait du grand Meaulnes. Tout était rempli des souvenirs de notre adolescence déjà finie. Pendant ces longues journées jaunies, je m'enfermais comme jadis, avant la venue de Meaulnes, dans le cabinet des archives, dans les classes désertes. Je lisais, j'écrivais, je me souvenais..."

3 commentaires:

  1. je l'ai lu il y a fort longtemps mais tu m'as donné envie de le relire, je l'avais beaucoup aimé aussi

    RépondreSupprimer
  2. J'aime beaucoup ce livre, ton article me donne envie de le mettre dans ma valise cet été!

    RépondreSupprimer
  3. Je suis contente si ce billet a pu vous donner envie de relire ce beau classique :) C'était le but ! xoxo

    RépondreSupprimer

Merci pour le petit mot ♥ !